Amours suspendues

Amours suspendues

Mise en scène :
Comédiens : Iris Aguettant, Olivier Fenoy, Marie-Aimée du Halgouët et Gabriel Perez
Violon : Arnaud Ghillebaert

Trois comédiens et un musicien nous font revivre la correspondance familiale par des lectures d’archives théâtralisées, à travers mots et tourments, tendresse et douleurs, révoltes et grandeur d’âme.

Passionnée par son sujet de recherche : les relations conjugales au XVIIIe siècle, une historienne, Anne Verjus, arrive un jour au Château de Machy, au nord de Lyon, pour découvrir la demeure qui fut le théâtre, c'est le cas de le dire, de la succession de la famille Morand de Jouffrey, dès 1778, famille qu'elle a choisie comme modèle pour son ouvrage intitulé le roman conjugal.

C'est ainsi qu'est né le désir d'une mise en espace des correspondances croisées entre deux couples des années 1780 à 1810 à savoir Jean Antoine, célèbre constructeur du Pont Saint Clair et Antoinette d'une part, et Antoine, l'acquisiteur du Domaine de Machy, et Madeleine de la génération suivante. Les archives municipales de Lyon ont tout de suite reconnu la pertinence de ce projet et permis qu'il soit représenté dans le cadre de l'Exposition "Lyon en toutes lettres" le 3 mai dernier, puis à Machy à l'occasion des Soirées d’été et des Journées du Patrimoine.

Amours suspendues Amours suspendues

Le titre Amours suspendues, outre le petit air de pont qu'il suggère, fait référence à ces destins de couples très révélateurs de cette époque : la relation entre les aînés témoigne d'une mentalité encore très vive à la fin de l'ancien régime. Quant au couple suivant, leur correspondance témoigne très différemment des relations conjugales à quelques années de distance. La mort d'Albine, leur fille aînée, va plonger Madeleine dans une langueur telle qu'elle ne voudra plus vivre à Machy. Dès lors, Antoine va se trouver dans un dilemme cornélien : renoncer à cette propriété ou risquer de perdre son épouse.

Au-delà du caractère relationnel, Machy, "pomme de discorde" met en relief l'attachement à un lieu et à une terre pour un homme dans l'épreuve et le rejet que la même douleur provoque au contraire chez la femme, comme si cette propriété représentait pour lui une bouée de sauvetage et pour elle un plongeon vers l'abîme.